Après le pillage l’heure est à la restitution

Le 30 octobre 2014 est une date inoubliable dans mon très cher pays le Burkina Faso. Blaise Compaoré a été délogé en une journée de son fauteuil présidentiel après 27 ans de règne. Cette journée à aussi été une occasion pour certaines personnes mal intentionnées de se livrer à de sales besognes. Cette journée a été accompagnée de casse, de morts et surtout de pillages à grande échelle presque sur toute l’étendue du pays. Des magasins de vivres, de motos, de marchandises diverses et même des services publics n’ont pas échappé aux actes de vandalisme.

Pendant que la majeure partie de la population se trouvait sur la place de la révolution lieu de la rencontre pour les marcheurs, d’autres groupuscules dans les quartiers périphériques s’activaient à piller et à casser les magasins. Personnellement, je me suis rendu sur l’un des sites afin de faire des photos, ma grande surprise fut la présence massive de femmes et de jeunes filles sur les lieux. Les jeunes filles sont celles qui incitaient les hommes à affronter les forces de l’ordre afin qu’ils libèrent les lieux pour leur permettre de casser. J’ai alors tenté d’obtenir un entretien avec un jeune pour savoir ce qui le motivait à se joindre à un tel mouvement. Sa réponse a été la suivante : « Je crois qu’il est mieux que je me joigne à ces gens pour avoir ma part du butin, car même si je ne le faisais pas, tôt ou tard je devrais payer ce que je n’ai pas volé. Après ces casses, c’est sûr que le gouvernement nous le fera payer à travers les impôts, ou par l’augmentation du prix de l’essence ». Ce jeune homme était convaincu que le mieux était de piller. Juste à côté je rencontre deux autres jeunes, qui disaient ne pas être intéressés par les vivres, mais par un magasin de montage d’engins à deux roues dans la zone. Il faut préciser que les pilleurs prétendaient que les magasins et commerces pillés sont la propriété des personnes ayant un lien avec le pouvoir déchu. Vérité ou simple mensonge pour justifier leur acte ?

Maintenant, revenons à l’aspect restitution. Le 11 novembre de retour de mon service, je me suis trouvé face à un attroupement de badauds devant une cour. Grand étonnement quand je me suis retrouvé face à des agents de la gendarmerie qui ordonnaient à un jeune homme de charger un véhicule avec des sacs de riz, de sucre et de blé. Le jeune homme suppliait les gendarmes de le laisser, mais ceux-ci lui on sommé de grimper sur les sacs afin de les accompagner au poste. Ce qui fut fait. En me renseignant, j’ai obtenu l’information qu’il s’agissait d’une phase de recherche des pilleurs du 30 octobre 2014 date de l’insurrection populaire au Burkina. Et j’ai appris que depuis le matin la gendarmerie effectuait un nettoyage dans le quartier et que c’était au moins la troisième personne que l’on avait dénichée.

A mon humble avis je trouve que c’est une bonne chose que la gendarmerie retrouve les casseurs. Car en toute sincérité ces gens n’étaient que des profiteurs qui ont trouvé des astuces pour accuser certaines personnes d’être en relation avec le pouvoir déchu afin de les ruiner..

Quelques images du 30 octobre 2014:

Crédit photo Sylvain KOUSSE
Crédit photo Sylvain KOUSSE
Quartier Karpala pilleuses !
Crédit photo Sylvain KOUSSE
Hotel Azalaï
Crédit photo Sylvain KOUSSE
Assemblée Nationale
Crédit photo Sylvain KOUSSE
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sylvainkousse
Jeune ambitieux avec un parcours diversifié, actuellement dans le domaine de la santé et des médias.
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